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| | | |  L'ECUREUIL | Écureuil du printemps, écureuil de l'été, qui domines la terre avec vivacité, que penses-tu là-haut de notre humanité ?
- Les hommes sont des fous qui manquent de gaîté.
Écureuil, queue touffue, doré trésor des bois, ornement de la vie et fleur de la nature, juché sur ton pin vert, dis-nous ce que tu vois ?
- La terre qui poudroie sous des pas qui murmurent.
Écureuil voltigeant, frère du pic bavard, cousin du rossignol, ami de la corneille, dis-nous ce que tu vois par-delà nos brouillards ?
- Des lances, des fusils menacer le soleil.
Écureuil, cul à l'air, cursif et curieux, ébouriffant ton col et gloussant un fin rire, dis-nous ce que tu vois sous la rougeur des cieux ?
- Des soldats, des drapeaux qui traversent l'empire.
Écureuil aux yeux vifs, pétillants, noir et beaux, humant la sève d'or, la pomme entre tes pattes, que vois-tu sur la plaine autour de nos hameaux?
- Monter le lac de sang des hommes qui se battent.
Écureuil de l'automne, écureuil de l'hiver, qui lances vers l'azur, avec tant de gaîté, ces pommes... que vois-tu ? - Demain tout comme Hier.
Les hommes sont des fous et pour l'éternité
Paul Fort | |
| | | | |  | |  | | LE CHAT, LA BELETTE ET LE PETIT LAPIN |  | Du palais d'un jeune Lapin Dame Belette un beau matin S'empara ; c'est une rusée. Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée. Elle porta chez lui ses pénates un jour Qu'il était allé faire à l'Aurore sa cour, Parmi le thym et la rosée. Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours, Janot Lapin retourne aux souterrains séjours. La Belette avait mis le nez à la fenêtre. O Dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ? Dit l'animal chassé du paternel logis : O là, Madame la Belette, Que l'on déloge sans trompette, Ou je vais avertir tous les rats du pays. La Dame au nez pointu répondit que la terre Etait au premier occupant. C'était un beau sujet de guerre Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant. Et quand ce serait un Royaume Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi En a pour toujours fait l'octroi A Jean fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume, Plutôt qu'à Paul, plutôt qu'à moi. Jean Lapin allégua la coutume et l'usage. Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis Rendu maître et seigneur, et qui de père en fils, L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis. Le premier occupant est-ce une loi plus sage ?
- Or bien sans crier davantage,
Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis. C'était un chat vivant comme un dévot ermite, Un chat faisant la chattemite, Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, Arbitre expert sur tous les cas. Jean Lapin pour juge l'agrée. Les voilà tous deux arrivés Devant sa majesté fourrée. Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez, Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause. L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose. Aussitôt qu'à portée il vit les contestants, Grippeminaud le bon apôtre Jetant des deux côtés la griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre. Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois Les petits souverains se rapportants aux Rois.
Jean De La Fontaine |
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| | | | |  | "Les grenouilles vont très mal. Les grenouilles voient l'avenir en noir. A l'allure où ça va, les grenouilles n'en ont plus pour longtemps. On a comptabilisé pas moins de 6 285 espèces d'amphibiens à la surface de la planète. Amphibiens : qui vit sur terre et dans l'eau. On pourrait croire que ce talent particulier les rend plus résistants, plus adaptables. Au contraire : ils ont besoin des deux milieux, et ça complique tout. Le remembrement. L'assèchement des mares. La disparition des zones humides. La pollution des terres et celle des eaux. Le réchauffement climatique. Et, par là-dessus, un champignon parasite qui les décime dans le monde entier. Aujourd'hui, 30% des amphibiens sont menacés d'extinction : dans la liste des espèces menacées que vient de publier, comme chaque année, l'UICN, l'Union mondiale pour la nature, ils sont en première ligne. Face à l'ennemi. Et sans défense. Jusqu'ici, les amphibiens français survivaient tant bien que mal, le principal effondrement des populations s'étant produit aux alentours des années 50, lorsqu'un déluge de pesticides a commencé à s'abattre dans nos campagnes ... Mais depuis peu le chytride, qui est en train de coloniser la planète, a débarqué en France. En faisant chuter la concentration des sels présents normalement dans le sang, ce virulent champignon tue brutalement les amphibiens par arrêt du coeur. La principale hypothèse permettant d'expliquer sa propagation est sidérante ("Le Figaro", 5/11) : c'est à cause des tests de grossesse. Pour les mettre au point, les laboratoires ont importé un aphibien d'Afrique du Sud au doux nom, le xénope lisse. Lequel est porteur sain du méchant chytride. Quelques xénopes se sont sans doute échappés, ont contaminé les espèces locales, lesquelles étaient déjà bien mal en point à cause des pesticides, et hop ! Voilà deux ans, de doux utopistes se sont lancés dans la défense des grenouilles, en créant l'association Amphibian Ark, qui ambitionne de créer des arches de Noé pour grenouilles : il s'agit de mettre en captivité, dans des zoos et des vivariums, 500 individus d'au moins 500 espèces menacées. Une goutte d'eau dans la mare au têtards ... Chercheur au Muséum national 'histoire naturelle à Paris, Annemarie Ohler se montre plutôt sceptique : "vous croyez vraiment que ça peut marcher ? Que dans cinquante ans le monde aura changé en mieux, et qu'on pourra réintroduire ces espèces dans la nature ?" Sans compter, fait-elle remarquer, que sur les milliers d'espèces répertoriées il y en a 20% dont on connaît juste le nom : "Comment les élever dans des conditions standards si vous ne savez même pas comment elles vont se reproduire ?". Pour elle, spécialiste des amphibiens d'Asie du Sud-Est, la principale menace est la déforestation : "Des zones entières détruites pour les biocarburants, le soja ou le palmier. Reconstruire ces biotopes une fois détruits, c'est impossible." L'issue du combat entre la grenouille et l'économie est connue, dit-elle : "C'est l'économie qui gagne". Pour voir des crapauds, on ira au zoo.
Article de Jean-Luc Porquet - Le Canard enchaîné - 11 novembre 2009 |
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|  | |  | | LA GRENOUILLE QUI VEUT SE FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BOEUF | La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf Une Grenouille vit un Boeuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille, Pour égaler l'animal en grosseur, Disant : "Regardez bien, ma soeur ; Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point. "La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages : Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.
Jean de La Fontaine |
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|  LE RAT DES VILLES ET LE RAT DES CHAMPS |
|  | Autrefois le rat des villes Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, À des reliefs d'ortolans.
Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête : Rien ne manquait au festin ; Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.
À la porte de la salle Ils entendirent du bruit : Le rat de ville détale, Son camarade le suit.
Le bruit cesse, on se retire : Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire : « Achevons tout notre rôt.
- C'est assez, dit le rustique ;
Demain vous viendrez chez moi. Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi ;
Mais rien ne vient m'interrompre : Je mange tout à loisir. Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre ! »
Jean de La Fontaine
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| | |  L'ENTERREMENT D'UNE FEUILLE MORTE |  | A l'enterrement d'une feuille morte Deux escargots s'en vont Ils ont la coquille noire Du crêpe autour des cornes Ils s'en vont dans le soir Un très beau soir d'automne Hélas quand ils arrivent C'est déjà le printemps Les feuilles qui étaient mortes Sont toutes réssucitées Et les deux escargots Sont très désappointés Mais voila le soleil Le soleil qui leur dit Prenez prenez la peine La peine de vous asseoir Prenez un verre de bière Si le coeur vous en dit Prenez si ça vous plaît L'autocar pour Paris Il partira ce soir Vous verrez du pays Mais ne prenez pas le deuil C'est moi qui vous le dit Ça noircit le blanc de l'oeil Et puis ça enlaidit Les histoires de cercueils C'est triste et pas joli Reprenez vous couleurs Les couleurs de la vie Alors toutes les bêtes Les arbres et les plantes Se mettent a chanter A chanter a tue-tête La vrai chanson vivante La chanson de l'été Et tout le monde de boire Tout le monde de trinquer C'est un très joli soir Un joli soir d'été Et les deux escargots S'en retournent chez eux Ils s'en vont très émus Ils s'en vont très heureux Comme ils ont beaucoup bu Ils titubent un petit peu Mais la haut dans le ciel La lune veille sur eux.
Jacques Prévert
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|  Parc naturel de Boutissaint | Musée vivant de la forêt et de ses animaux. Cerfs,biches, daims, daines, chevreuils en liberté. Sangliers, mouflons et bisons en enclos. A 9km de Saint-Fargeau. http://www.boutissaint.com |
 | |  | | PARTOUT OU LA NATURE A BESOIN DE NOUS |  | | ALERTER L'OPINION à chaque menace pour l'environnement. | |
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